vendredi 17 mai 2019

Gardiens de phare


D.B., 2019.
Gardiens de phare. Gardiens de cimetière. Gardiens de secrets. Silhouette solitaire dans une bibliothèque. Unique fenêtre éclairée dans une maison presque entièrement cachée par les feuillages. Moine, dans les habits de son ordre, croisé dans la rue. Habitants des îles. Cabanes dans les bois. Bibliothèque dans un monastère sur une île dans une vallée cachée. Derniers étages des très hautes tours des grandes cités. Pinacles des cathédrales. Décors hermétiques d’une demeure fin de siècle. Grottes dont l’accès a été rendu impossible. Terrasses d’où la vue porte plus loin que la raison. Anfractuosité au sommet d’une montagne vue depuis un avion. Merveilleux musées déserts. Cabinets de curiosités dont la clé est perdue. Langues perdues. Rituels perdus. Espace inaccessibles au creux d’une image.  Mégalithes. Croix aux carrefours dans les campagnes. Clochards célestes dans les villes. Vieil érudit vivant pour un autre siècle. Enfant qui regarde une chenille. Citoyen qui se rappelle soudain qu’il est mortel. Beauté native du paradis.
Peu importe la réalité « objective » de ces personnes et de ces lieux (qui trouvera cette réalité objective ?) : ils portent, de manière innocente, peut être à leur insu et c’est parfait ainsi, témoignage d’un monde qui n’est pas étranger au monde. Monde imaginal qui est la réalité du monde et que seul un regard contemplatif peut connaître.   
Ces lieux et ces personnes sont un rappel vivant de la nécessité d’un tel regard. Ils sont un instant de silence au milieu du vacarme, ils sont quiétude au milieu de l’agitation et graine d’éternité au milieu du contemporain. Ils sont salutaires. Grâce leur soit rendue.

D.B., 2019.


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