samedi 10 décembre 2011

Quelques commentaires sur mon travail

Suite à des demandes, voici quelques commentaires sur l'idée que je me fais de mon travail artistique.

Il se développe à partir de différents médiums : dessin, peinture, photographie et vidéo. L’écrit y joue aussi un rôle important. Ces oeuvres présentent des personnages et/ou des lieux que l’on peut probablement qualifier d’imaginaires. Imaginaire en quel sens? Pas dans le sens de différent et d’opposé au réel, mais plutôt comme ce qui permet l’accès au Réel.
L’ajout de la majuscule ne signifie pas qu’il s’agirait de découvrir quelque chose d’autre que le réel, mais que, changeant de regard sur ce dernier, on en découvre la majesté. L’imaginaire remet en cause nos représentations routinières et nous offre un rapport plus libre et plus ouvert au monde. En cela, on pourrait ici parler d’imagination vraie ou d’imaginal (pour emprunter cette expression à Henri Corbin).
Chacune de mes oeuvres est une tentative pour retrouver le Réel au sein du réel. Tracer des lignes, placer des couleurs, former des phrases, c’est tenter de construire un espace dans le flux chaotique des sensations. Un espace où le regard ne se fige pas. Une demeure que le regard puisse habiter un instant. Un lieu où chacun puisse se mettre à l’écoute du silence, où chacun puisse être disponible à ce qui, en lui, le dépasse.
Le Réel.
L’Ouvert.
Il est difficile de mettre des mots sur ce qui déborde le langage.
Le travail que je présente est le résultat de la recherche que je viens de décrire. Et c’est une invitation faite au regardeur pour vivre un processus semblable.
Je travaille par séries. Plusieurs séries en même temps. Qui se renvoient les unes aux autres. De façon à ce que le regardeur puisse naviguer de l’une à l’autre en trouvant dans l’une des échos de l’autre.
C’est ainsi que j’ai développé les séries suivantes :


Château-Mercure

Dans cette série, textes poétiques et photographies (de photographies) sont combinés de façon à construire le Château-Mercure. Ce projet est basé sur des souvenirs d’enfance ainsi que sur la recherche d’une forme la plus à même d’exprimer l’intériorité.



Exercices cosmogoniques

En 2005, j’avais réalisé une série intitulée « Exercices cosmogoniques » (exposée à la galerie Métanoïa en 2007) que j’ai ensuite repris en 2011.
Exercice comme ascèse et intériorisation. Chaque fois que je me mets à l’œuvre, c’est sur moi que j’œuvre.
Cosmogonique, car chacune de ces peintures est un cosmos en train d’apparaître sur la feuille. Chacune de ces œuvres est une tentative de créer un cosmos au sein du chaos du réel. Un cosmos, c’est à dire une demeure pour retrouver et accueillir ce qui est nous et pourtant nous transcende.
L’exercice qui consiste à ouvrir ce cosmos commence lorsque je peins, mais cette tâche ne peut s’accomplir véritablement que dans le regard d’autrui. C’est comme une architecture qui ne vivrait que lorsqu’elle est habitée.

L’éclipse


Il s’agit d’un récit combinant des images et leurs illustrations. Il raconte ce qui advient des animaux après qu’ils se soient emparés du langage que les humains avaient abandonné. C’est une fable sur la difficulté d’être humain et le rôle central que joue le langage dans nos existences. C’est un « roman à trou »; car le texte n’est présenté que de façon fragmentaire : je n’en montre que les parties illustrées. Ces interstices, ces parties manquantes parlent en creux du silence comme un au-delà du langage.



Le Mont du Retour

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Le principe de cette série est assez simple : il s’agit de représentations, sous divers angles, à différents moments, impliquant différents personnages, d’un même lieu : le Mont du Retour. Le même et toujours différent.  En ce Mont, d’abîmes en sommets, chacun vient en quête du Retour vers ce qu’il a oublié et dont la perte ne connaît aucune consolation.



Je vais participer à une exposition du Clear Light Collective à Paris (galerie Métanoïa) au mois de mai prochain : http://www.galerie-metanoia.fr/fr/agenda/256-clear-light-collective.html
J'espère rencontrer nombre d'entre vous à cette occasion.



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